Zigbee, entre Bluetooth et Wifi
L'Alliance Zigbee, groupement de sociétés dédiées à la technologie sans-fil éponyme, tient séance jeudi 3 mai à l'hôtel Hyatt Regency à Roissy- Charles de Gaulle. Gilles Thonet, responsable de projets chez Schneider Electric, membre de l'alliance, revient sur les atouts et les enjeux de Zigbee.

R&T : Qu'est ce la technologie Zigbee ? Gille Thonet : Zigbee est une technologie sans fil radio, de basse puissance et de bas débits (en dessous de 150 kbps). Sa porté est variable. Elle oscille suivant l'environnement entre 10 et 50 mètres en intérieur. C'est une technologie ouverte. Le standard 802.15.4 a été ratifié par l'IEEE. Elle ne nécessite pas de licence spécifique. Zigbee fonctionne sur les bandes des 2,4 Ghz (bandes du Bluetooth et du Wifi), du 866 Mhz (bande libre en Europe) et du 916Mhz aux US. L'avantage majeur de Zigbee est que la technologie est peu consommatrice en énergie. Elle peut, de plus, être intégrée à bas coût dans les équipements. Ces matériels bon marché se retrouvent alors dans bon nombre d'applications de contrôle de commandes : éclairage, acquisition de données industrielles, boutons poussoirs... R&T : Quels sont ses avantages face à Bluetooth ? G.T. : Les technologies et les segments de marché sont différents. Le Bluetooth apporte de meilleurs débits (1Mbps contre 250 Kbps en débits théoriques pour Zigbee) mais sa consommation est aussi plus élevée. Le Zigbee s'intègre à plus bas coût et consomme bien moins d'énergie. Le Bluetooth est plus adapté aux communications voix (oreillettes) ou aux raccordements d'équipements à un PC. R&T : Quelles sont les usages et applications de Zigbee ? G.T. : Il existe sur le marché des applications de commande d'éclairage, des boutons poussoirs de variation de lumières et d'ambiance. On retrouve Zigbee dans des boîtiers de contrôle de température, de comptage et d'acquisition de données. Les informations de différents compteurs électriques peuvent être ainsi agrégées dans un système central à travers Zigbee. Kalirel, un fabricant de radiateurs, utilise par exemple la technologie. L'alliance Zigbee, composée de grands industriels (Mitsubishi, Huawei, Schneider, Philips, Samsung, Siemens....) permet d'assurer l'interopérabilité de Zigbee. L'écosystème ainsi créé va décupler les usages. R&T : Qui dit sans-fil, dit soucis de sécurité ? G.T. : La norme a eu dès le début le soucis d'intégrer la sécurité. Elle comprend un algorithme de chiffrement AES 128. Cependant toutes les applications n'ont pas besoin du même niveau de sécurité. La domotique n'aura en effet pas les mêmes exigences qu'une application de contrôle du bâtiment. R&T : Zigbee est une réalité chez Schneider Electric ? G.T. : Nous commercialisons des produits d'automatisation du bâtiment (contrôleurs) via notre filiale TAC. Nous comptons des déploiements aux US. D'autres produits sont actuellement en développement, sur différents secteurs, notamment sur le marché résidentiel. Nous poussons nos investigations pour évaluer toute la pertinence de la technologie Zigbee dans de multiples applications. R&T : A l'instar du Bluetooth ou du Wifi, Zigbee peut-il s'intégrer sur un mobile ? G.T. : Oui, des prototypes existent. Télécom Italia a notamment montré un téléphone avec une puce Zigbee intégrée dans la carte SIM. L'idée est d'utiliser le mobile dans des solutions de paiement ou de domotique (une télécommande par exemple). Il reste beaucoup à imaginer...