Wimax : Maxtel dévoile ses ambitions

A peine sa licence vendue à Iliad (Free), Jean-Paul Rivière , PDG d'Altitude Télécom, est reparti dans l'aventure Wimax au côté des Autoroutes Paris Rhin Rhone (APRR). Le consortium, baptisé Maxtel, est en effet candidat à une licence sur les 22 régions Françaises. Maxtel se positionne sur l'offre de gros, de la connectivité IP en marque blanche à destination des FAI et autres opérateurs. «Avec le Wimax, nos clients disposeront d'un large choix d'applications. En usage fixe pour couvrir les zones blanches ou bien offrir une alternative à l'adsl. En usage nomade, pour donner accès à l'internet à tous. Nous allons ainsi proposer un réseau sans fil alternatif aux MVNOs, complémentaire à l'UMTS» explique Vincent Grivet, l'un des co-gérant de Maxtel. Déjà des clients potentiels Et, s'il obtient les licences escomptées, l'opérateur est quasiment assuré d'avoir dès son démarrage des clients. Il est en effet d'ores et déjà épaulé par 9 autres opérateurs et concessionnaires autoroutiers, qui souhaitent pour le moment garder l'anonymat. Maxtel estime ce marché de « gros » à 540 millions d'euros, dont 60% en zone urbaine. Cette dernière estimation est étonnante. Alors qu'on pensait le Wimax cantonné aux zones rurales en palliatif à l'adsl, Maxtel estime qu'il est aussi très important de déployer la technologie en zone urbaine dense. Paris et Lyon, sont donc dans la ligne de mire. « Le succès du Wimax, c'est le marché de masse ! Il faut créer un cercle vertueux, un équilibre entre les usages fixes et nomades » explique René Bérard, co-gérant de Maxtel. Les premières cartes PC Wimax devraient pointer leurs nez dès 2007, les téléphones IP Wimax en 2008 et en 2009, Wimax sera « une interface radio standard présente sur tous les terminaux ». Anymax, attaché aux lampadaires En attendant ce futur proche, une première station base, en test, est visible face à l'Institut du Monde Arabe à Paris. La solution installée, baptisée Anymax, s'intègre totalement au paysage. Elle est issue d'un brevet déposé par... Jean-Paul Rivière (décidément, ce monsieur ne perd pas le Nord). L'antenne se fixe sur un lampadaire et est alimentée par batteries. Ces dernières se rechargent pendant la nuit, lorsque les lumières sont allumées. Chaque station communique et émet en Wimax, elle n'est pas raccordée à un réseau filaire. Il est ainsi possible de couvrir une ville comme Lyon (49 km2) en un mois, à faible coût (moins de 5000 euros par station) et avec la seule autorisation de la ville (en plus de la licence évidemment). « Il y a 55 000 lampadaires dans Paris. Il n'y a donc pas de constat de rareté. Nul besoin de passer par un appel d'offres » assure Jean Paul Rivière. Cependant, il est trop tôt pour parler de modèle économique ou de redevance mensuelle, les discussions s'amorcent à peine avec la mairie de Paris... Les deux parties pourraient par exemple s'entendre sur une base de service gratuit ouvert au public, tout est envisageable. Au final, Maxtel entend fournir une bande passante garantie à chaque utilisateur (débits compris entre 256 kbits/s et 2 Mbps en usage nomade, entre 1 et 10 Mbps en fixe) et devra à cette fin dimensionner dynamiquement son réseau. « Une borne s'installe en trois heures ! » lance Vincent Grivet. Voilà donc de quoi déployer très rapidement un réseau régional dès les licences attribuées. Et c'est là le mystère, Maxtel aura t'il les régions escomptées ? Même si l'opérateur semble confiant, l'Arcep n'attribuera au final que deux licences au maximum par région. Les alliances, abandons et autres regroupements, ne sont donc pas terminés...