Stratégie quadruple play : la réaction de Bouygues risque d'être insuffisante
En lançant une offre quadruple play économique et séduisante sur le papier, Bouygues Télécom espère effacer l'échec de son entrée sur le marché de l'ADSL. Mais la réaction est tardive et ne comprend toujours pas de volet fibre optique.
(Source EuroTMT) Comment relancer et même lancer les ventes de box ADSL alors qu'en huit mois, l'offre n'a séduit que 20 000 abonnés environ ? C'est la question qu'ont dû se poser les dirigeants de Bouygues Télécom au vu des résultats de la BBox, mise sur le marché en octobre 2008. Arrivé, certes très tardivement sur le marché de l'ASDL, Bouygues Télécom n'est cependant jamais parvenu à faire décoller les abonnements pour son offre triple play. Bouygues Télécom justifie mollement son échec Les arguments avancés par Olivier Roussat, Directeur général de Bouygues Telecom, « jusqu'à présent, la BBox n'a pas vraiment été un enjeu pour Bouygues Télécom », n'ont guère convaincu. D'autant que la filiale du groupe de BTP a investit plusieurs centaines de millions d'euros (dont 110 millions d'euros pour acquérir le réseau DSL de Club Internet) afin de tenter d'exister sur le marché de l'ADSL. Mais comme Bouygues Télécom n'est jamais à court d'idées - parfois innovantes comme la commercialisation du premier forfait pour la téléphonie mobile ou le lancement du forfait illimité Néo - il a trouvé une nouvelle façon de se démarquer en proposant le quadruple play à prix cassé. L'offre baptisée Idéo sera disponible à partir du 25 mai. « Nous voulons répercuter les gains de productivité fixe et mobile sur nos clients et leur restituer de la valeur » a expliqué Olivier Roussat en préambule de la conférence de presse. Juste la téléphonie mobile en plus D'où le lancement de cette offre « tout en un » qui se veut à la fois simple et économique. Simple car avec un seul abonnement, le client va pouvoir disposer d'un forfait de téléphonie mobile (il y en a quatre au choix) et d'un box ADSL avec l'Internet, la téléphonie fixe et la télévision. Les quatre forfaits de téléphonie mobile (dont trois sont illimités tous opérateurs) proposent les SMS et les MMS illimités 24h/24, le Web, le mail et la TV 3G+ illimités 24h/24. Quant à l'offre BBox, elle ne se distingue guère de la concurrence avec l'Internet illimité jusqu'à 20 Mbit/s, 90 chaînes de télévision (et les options Canal+/Canalsat) et les appels illimités vers les fixes en France et vers plus de 100 destinations à l'international. Economique enfin car l'offre de base (la box + 2h d'appels pour le mobile) est facturée 44,90 euros par mois à condition de prendre un engagement sur 24 mois (autrement, c'est 7 euros par mois en plus). A titre de comparaison, une offre ADSL + forfait Illimythics 3G+ (2h) chez SFR coute 68, 80 euros (29,90 euros + 39, 90 euros) par mois. Selon Frédéric Ruciak, le directeur marketing de Bouygues Télécom, un client « peut gagner jusqu'à 384 euros par an sur son budget annuel » en fonction du forfait choisi. Une offre apparemment alléchante mais qui arrive tard Par ailleurs, pour débaucher plus facilement des abonnés chez ses concurrents, Bouygues Télécom n'hésite pas à offrir quelques cadeaux supplémentaires comme l'activation de la nouvelle ligne en 24 heures, l'aide pour la résiliation du contrat précédent et le remboursement jusqu'à 50 euros des éventuels frais liés à cette résiliation. Cette offre que ne renierait pas Free s'il parvenait à avoir une offre de téléphonie mobile (Xavier Niel, le patron de Free/Iliad a promis, s'il obtient des fréquences, de faire économiser jusqu'à 1000 euros par an à ses clients) est certes alléchante sur le papier. Mais elle arrive bien tard alors que les autres opérateurs ont déjà commencé le déploiement de la fibre optique qui devrait assurer des débits montants et descendants nettement supérieurs (jusqu'à 100 Mbit/s) à celui de l'ADSL pour des tarifs similaires. Or Bouygues Télécom a réaffirmé qu'il ne comptait pas du tout investir dans la fibre optique, préférant attendre la disponibilité des offres de gros.