Gator... euh, non, Claria ne fera plus de Spyware, juré !
Un jour, dit-on, une vipère surprise par la montée d'une crue parvint à convaincre une tortue de l'aider à survivre. Après quelques réticences, le chélonien accepte, et laisse le serpent se lover sur son dos. La suite, on l'imagine, est bien plus triste encore. Car à l'endroit le plus profond, la vipère offre à la tortue un baiser mortel, et tous deux sombrent dans les remous : la nature des vipères et de mordre, la logique et les circonstances n'y peuvent rien changer. De ces reptiles à Gator, devenu Claria, il n'y a qu'un seul pas, que l'on saute aisément. Le géant de l'Adware-qui-n'-est-pas-un-spyware-au-sens-juridique-du-terme signe des accords avec des capitaux-risqueurs et institutionnels de la communication, jure ses grands dieux que, promis, les programmes-espion, c'est fini pour de bon, et se converti dans la diffusion de services en ligne « librement acceptés » et destinés à aider sans contrainte les consommateurs en mal de décision. Nul ne peut expliquer scientifiquement les subtils mécanismes qui convertissent le plus abject des mécréants en un gnostique en extase... les voies des Tout Puissants de tous les Walhalla sont impénétrable, c'est bien connu. Mais cette grâce soudaine qui tombe sur Claria ressemble un peu trop aux révélations mystiques d'un Fouchet ou d'un Talleyrand. Surtout lorsque cette soudaine virginité parvient, même en partie, à arracher 40 millions de dollars des coffres de SoftBank. Ajoutons que, comme le monde le la sécurité est scellé au ciment des catastrophes, cette soudaine reconversion met sur le carreau quelques hackers qui, contre salaire, ont copieusement travaillé des années durant sur des failles logicielles. Et compte tenu de la demande actuelle, il est peu probable que ces nouveau chômeurs restent longtemps sans emploi. Tant que ces « talents » étaient connus, situés et cantonné dans le domaine de la réclame agressive, cela allait encore. Mais on risque de retrouver cette main d'oeuvre experte et efficace sur des projets bien moins officiels et considérablement plus lucratifs.