Free Mobile détruit-il l'emploi dans les télécoms? Réponse à Bercy le 17 Juillet
Le Ministre du Redressement productif mettra les opérateurs mobiles sous pression lors d'une réunion au sommet le 17 Juillet. Martin Bouygues, Stéphane Richard et les représentant de Free devraient s'expliquer franchement. L'Arcep et l'Autorité de la Concurrence ont tiré un bilan positif de l'arrivée de Free Mobile.

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif et Fleur Pellerin, ministre déléguée en charge de l'économie numérique se lèveront tôt afin de recevoir les opérateurs mobiles à Bercy, mardi 17 juillet à 8 h 30.
On relève que Martin Bouygues, PDG du Groupe Bouygues sera tout aussi matinal car il fera le déplacement, ainsi que Stéphane Richard, PDG de France Télécom. En revanche, Xavier Niel, fondateur de Free ne sera pas présent à l'heure où un classement établi par Challenges le place à la 12ème place des fortunes françaises, avec un capital de 3,6 milliards d'euros !
Pour les autres intervenants, les opérateurs seront représentés pour SFR, par Pierre Trotot, directeur général ; Pour Bouygues Télécom, Olivier Roussat directeur général de l'opérateur.
Pour le groupe Iliad, maison, mère de Free, ce seront Cyril Poidatz, président du groupe Iliad et Laurent Laganier, directeur de la règlementation et des relations avec les collectivités de Free ; Pour Orange, Pierre Louette, secrétaire général accompagnera le PDG.
La réunion s'annonce houleuse avec la présence simultanée de Martin Bouygues qui critique vertement le contrat entre Orange et Free Mobile, Stéphane Richard qui a signé le fameux contrat, les représentants de Free Mobile pointé du doigt comme cause de la destruction des emplois dans le secteur télécoms et Arnaud Montebourg qui entend préserver l'emploi à tout prix.
Récemment, le président de l'Arcep, Jea-Ludovic Silicani, devant les députés de la commission des Affaires économiques, avait plutôt défendu l'arrivée de Free Mobile. Il avait alors chiffré le solde négatif à 1000 emplois supprimés suite à l'arrivée de Free Mobile. Un chiffre qui avait été balayé par Stéphane Richard, le même jour auprès de la même commission, "d'où sortent ces chiffres?".
Photo : Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif
Le PDG de France Télécom avait indiqué ne pas partager "l'avis neutre à faiblement positif de l'Arcep". Selon lui, l'arrivée d'un 4ème opérateur entraîne une réduction des revenus et une réduction forte des marges.
Le contrat d'itinérance avec Free - tant critiqué par Martin Bouygues - ne compense pas les pertes, a-t-il affirmé aux députés. L'arrivée du 4ème opérateur, "impose des efforts d'adaptation, que je ne ferai pas sur le dos de l'emploi" a-t-il déclaré, le mercredi 11 Juillet.
Il relativisait cependant l'impact de l'arrivée de Free Mobile pour son propre groupe, en soulignant que le mobile en France ne pèse que le quart du revenu mondial de France Télécom.
Mais il reconnaissait que d'autres opérateurs étaient plus dépendants du marché français. La seule conséquence qu'il évoquait alors pour France Télécom était le fait de "diminuer le rythme des recrutements par rapport aux trois dernières années."
Il faut souligner que l'Autorité de la concurrence vient également de remettre un avis positif sur l'arrivée de Free Mobile, et elle demande même qu'on fasse bénéficier l'opérateur d'un coût de terminaison d'appel plus faible que celui de ses concurrents afin de pouvoir développer son réseau. Un avantage dont Bouygues Télécom avait bénéficié en son temps.
On remarque que le rapporteur à l'origine de l'avis positif de l'Autorité de la concurrence, est entre temps devenu directeur du cabinet de Fleur Pellerin qui sera aux côtés d'Arnaud Montebourg.