DG de Netgem : « Nous fournissons des armes aux opérateurs dans la lutte de l'IPTV »
C'est le grand bazar dans les nouveaux services de télévision interactifs. De multiples acteurs s'affrontent depuis les chaînes de TV jusqu'à Google en passant par les opérateurs télécoms. L'équipementier Netgem se place dans le camp des opérateurs pour leur donner les armes afin de réussir sur ce marché mondial naissant.
Une concurrence intense est en cours dans la fourniture de services d'IP TV (TV sur internet) et de télévisions connectées qui amènent l'interactivité aux services de télévision grâce à internet. Qui l'emportera entre les opérateurs télécoms (Orange, SFR), les FAI (Free, Numéricable), les chaînes de TV (France Télévisions, M6, Canal+), Google, Apple, Microsoft, ou les fabricants de téléviseurs ou de PC ?
Face à cette concurrence généralisée, quelle peut être la place d'un fabricant de « Set Top box » comme le français Netgem ? « Nous sommes aux côtés des opérateurs, nous ne sommes pas en concurrence avec eux » a revendiqué Christophe Aulnette, directeur Général de Netgem. Il s'exprimait lors des Rencontres G9+ 2010, le 16 novembre dernier.
Netgem est un équipementier qui emploie 70 salariés et réalise 130 millions d'euros de chiffre d'affaires. « L'IP TV s'est considérablement développée en France grâce à une importante dérégulation qui, avec l'arrivée de Free et les réactions de Neuf et de SFR, a créé un marché de près de 10 millions d'utilisateurs, soit 20 à 25 % du marché mondial » a rappelé Christophe Aulnette.
Il a indiqué que son défi est aujourd'hui d'accompagner le démarrage de ce marché à l'international. En 2009, 95 % du chiffre d'affaires de Netgem était réalisé en France. En 2010, ce chiffre est tombé à 70 % en France pour un chiffre d'affaires équivalent car Netgem a signé un contrat avec l'opérateur australien Télécom Australia. « Nous offrons un produit clé pour fidéliser les clients » a rappelé Christophe Aulnette.
Mais n'y-a-t-il pas un risque de concurrence entre un fabricant de « set top box » comme Netgem, très lié aux opérateurs, et des opérateurs télécoms qui cherchent également à se diversifier (voir l'exemple récent de Free), a interrogé Jean-François Perret, vice président de Pierre Audoin Consultants qui animait la table ronde à laquelle participait Christophe Aulnette.
« Nous nous présentons comme les alliés des opérateurs télécoms » a répondu le DG de Netgem. Selon lui, les opérateurs télécoms doivent absolument continuer à se développer car les risques sont grands à se limiter à fournir un simple ...
Photo : Christophe Aulnette, DG de Netgem (D.R.)
... tuyau de circulation des données. Et de citer l'exemple de l'iPhone d'Apple. Ce smartphone est fabriqué en Chine par Foxconn, même si le logiciel est créé par Apple. Et Apple demande aux opérateurs télécoms de subventionner largement un téléphone dont les revenus tirés des applications reviendront à Apple et dans le même temps, Apple demande à ces mêmes opérateurs de moderniser leur réseau. « Les opérateurs souhaiteront éviter que ces problèmes liés aux mobiles se reproduisent sur le marché du foyer » a souligné Christophe Aulnette.
Netgem est au coeur d'une lutte ayant pour objet la « maison numérique ». A l'heure de la convergence numérique, les utilisateurs ont des appareils de télévision qui peuvent se connecter parfois directement à internet. Ils disposent de smartphones, de tablettes, d'un ensemble de terminaux connectés. « Ces terminaux constituent à la fois une opportunité et un danger puisque tous les acteurs des technologies de l'information et de la communication se lanceront sur le marché en tirant parti de leurs relations clients » a averti Christophe Aulnette.
Pour lui, les particuliers voudront en effet pouvoir consommer du contenu sur n'importe quel appareil connecté, à n'importe quel moment et de manière délinéarisée. « Cette évolution se produira à une vitesse prodigieuse, comme le montre déjà l'appropriation par les plus jeunes d'Youtube ou de Catchup TV. Les opérateurs devront apporter au sein des foyers un outil pouvant agréger tous les contenus, gérer les problématiques afférentes de droits et distribuer du contenu sur différents appareils sous peine de voir Google ou Intel le faire » a résumé le DG de Netgem.
Pour lui, les fabricants de PC tenteront d'exploiter l'opportunité de devenir le serveur principal, les opérateurs télécom voudront étendre le triple play au sein du foyer et d'autres acteurs comme Google TV, avec une approche très horizontale, pourraient prendre le contrôle. « Dans ce cadre, Netgem ne fera pas concurrence aux opérateurs qui sont des clients puissants et très importants. En revanche, Netgem leur fournira des armes dans cette lutte » a-t-il conclu.